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Christine Mora, du Grand Sud aux rivages d’Occitanie : une navigatrice en quête de nouveaux horizons

C’est depuis l’Australie que Christine se raconte, encore portée par l’euphorie de l’arrivée. Elle vient de boucler la troisième étape de la Clipper Round the World Race, vaste course au large autour du monde où se croisent amateurs avides d’expérience et marins aguerris. Parti du Cap en Afrique du Sud le 16 novembre, son équipage a mis le cap sur l’océan Indien avant de rallier Fremantle le 9 décembre, au terme d’une traversée d’un Grand Sud qu’elle rêvait depuis longtemps de découvrir. « On lit tellement de récits, on suit les Vendée Globe… À force, j’avais envie d’aller voir par moi-même. C’était une première, et c’était génial. » Sur un Clipper 70 de vingt mètres, un support moins radical que son Figaro habituel mais toujours pleinement engagé, Christine a goûté à cette navigation extrême qu’elle imaginait depuis des années, avec ces longs surfs dans des vagues à perte de vue.

De l’Occitanie au large : un parcours construit pas à pas

La mer faisait déjà partie de son quotidien : un village d’Occitanie en bord de mer, quelques stages enfant — mais rien qui ne la destinait à devenir régatière. « J’avais fait un peu de voile petite, mais vraiment très peu… puis plus rien pendant longtemps. » Le déclic arrive plus tard, presque par hasard : une sortie en mer, un club de voile dans le village, l’envie d’essayer. Elle enchaîne après des années d’aviron ou de canoë… jusqu’à prendre une décision aussi simple que radicale : acheter un bateau pour apprendre. Nous sommes en 2015. Elle rencontre des passionnés de Surprise, craque pour un modèle et embarque dans sa première saison. « La première année on était vraiment mauvais… et ma deuxième régate, c’était l’Européen, dans du vent de sud-est, des grosses vagues… un bateau a même démâté ! »

Mais Christine adore ça. Très vite, elle rêve d’aller plus loin. Le Figaro l’attire depuis longtemps, et lorsqu’une opportunité se présente, elle achète un Figaro 2 en copropriété, ouvrant la porte à une navigation plus rapide, plus technique, plus engagée.

Depuis, tout s’enchaîne : régates en Surprise dès que possible, entraînements à Marseille avec la Massilia Sailing Academy, courses en Italie, Cap Martinique… Une décennie d’aventure, de progression, de rencontres. « C’est toute la dimension humaine : l’accueil, les échanges, la déconnexion… On rencontre des gens qu’on n’aurait jamais croisés autrement. »

Lorsque Christine évoque son format de course préféré, la réponse est immédiate : le double. « Je ne suis pas leader, je n’ai pas cette compétence-là. J’admire nos skippeuses sur la Clipper Race, mais ce n’est pas moi. Le solo non plus. Le double, c’est l’équilibre parfait. »

 

L’OSIRIS, un terrain de jeu plus accessible

En Figaro 2, Christine régate aussi en OSIRIS, dont elle apprécie la philosophie : plus simple, plus accessible, plus vivant. « On est plus nombreux sur la ligne, c’est plus intéressant. Et le Figaro s’en sort mieux qu’en IRC pour des amateurs comme nous. » Si la jauge OSIRIS couvre moins l’offshore, elle reste idéale pour dynamiser les régates de club, notamment en Méditerranée.

 

Occitanie : terre d’interséries et d’initiatives

Dans sa région, Christine profite d’une vraie effervescence intersérie, en Surprise comme en Habitable OSIRIS. « On bouge, on échange, on change de supports… Il y a une vraie densité de clubs et d’événements. » Elle regrette seulement de manquer de temps pour participer notamment au Dispositif Inshore Occitanie, dont la flotte d’Elliott 6m fête ses trois ans et attire de plus en plus de coureurs.

 

La place des femmes en régate : une dynamique qui s’accélère

Christine voit la différence, notamment grâce à des initiatives locales. Cette année, à la Société Nautique du Grau-du-Roi – Port Camargue, la course Femmes à la Barre – La Toi & Moi a rassemblé de nombreuses navigatrices : « Certaines femmes, je ne les avais jamais vues sur l’eau. C’était vraiment chouette. » Les équipages mixtes, déjà nombreux en Surprise, participent eux aussi à cette féminisation progressive.

 

La seconde vie enthousiaste des Figaro 2

À Palavas, cinq Figaro 2 naviguent désormais régulièrement, souvent complété par les deux basés à La Grande-Motte, offrant parfois des beaux combats sur l’eau en régate. On en croise aussi à Marseille, sur la Cap Martinique… « C’est un super bateau. Il n’y a pas de classe officielle mais on se retrouve, et il devrait y avoir une “Figaro Party” à Palavas bientôt ! » Christine rêve de plus de longues régates en Méditerranée, sans forcément faire des traversées, mais avec un peu plus d’engagement. Les projets ne manquent pas, même si le temps, lui, manque toujours un peu. « On est des amateurs. On a besoin d’entraînement, mais il faut jongler avec nos vies. »

 

 

Entre horizon et humilité

Navigatrice passionnée, discrète mais déterminée, Christine incarne cette génération d’amateurs éclairés qui repoussent leurs limites sans jamais perdre le sens du plaisir et de la rencontre. Du Surprise à son Figaro, des régates de club aux mers du Grand Sud, elle trace son propre sillage : curieux, enthousiaste, profondément humain — et toujours tourné vers l’aventure suivante.