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Au CFCL 2026 , un beau « K-d’eau » pour la famille Boutin

Organisé cette année sur le site de Crozon-Morgat dans le cadre du Grand Prix de l’Ecole Navale, le Championnat de France des Croiseurs Légers a réuni des marins venus de toute la France pour se mesurer dans des conditions aussi techniques que changeantes. Parmi eux, l’équipage familial formé par Jacques et Kenaël Boutin a signé une très belle performance en décrochant la 6e place en catégorie A-B à bord de leur Maraudeur « K-d’eau ».

Une performance d’autant plus remarquable que père et fils découvraient, ou presque, ce type de conditions en mer. Habitués à naviguer sur des plans d’eau plus intérieurs, les deux régatiers de La Chapelle-sur-Erdre ont dû composer avec un vent instable, parfois puissant, et une météo exigeante. « Dans le vent fort, on a eu un peu de mal », reconnaît Jacques Boutin avec franchise. « Par contre ce samedi, pour la dernière journée, c’était le temps du Maraudeur, des conditions plus légères qui nous vont bien. On a bien marché. Mais on n’est pas habitués à ce que le vent soit aussi irrégulier en mer. »

 

Malgré cette adaptation nécessaire, l’équipage n’a jamais baissé les bras. Dès les premières courses, les Boutin ont dû faire face à un imprévu mécanique important : une casse au pied de mât qui les a contraints à rentrer à terre dès le premier jour de compétition. Un coup dur qui aurait pu compromettre leur championnat. Mais la détermination de l’équipage et sa capacité à rebondir ont permis de repartir rapidement au combat. « C’était même la première fois qu’on naviguait avec un ris dans la grand-voile », sourit Jacques. « On a appris énormément pendant ce championnat. »

 

À la barre du beau Maraudeur bleu, c’est Kenaël qui mène le bateau. Le jeune skipper connaît parfaitement son support, baptisé « K-d’eau », un clin d’œil évident à son prénom. Le bateau possède d’ailleurs une histoire familiale particulière. « Normalement, c’était mon bateau », raconte Jacques. « Je l’avais acheté pour moi, puis Kenaël a commencé à lorgner dessus. Alors je lui ai rétrocédé avec plaisir. »

Depuis deux ans et demi, le Maraudeur est devenu le terrain d’expression du jeune régatier, passionné de réglages et d’optimisation. Jacques le dit avec amusement et fierté : « Maintenant, c’est son bateau. Il y tient énormément. Il passe son temps à faire des petites modifications, à rajouter des palans un peu partout. »

 

Cette implication se ressent sur l’eau. Au fil des manches, Kenaël a démontré une belle maîtrise à la barre et une vraie capacité d’adaptation. Dans les conditions plus maniables du dernier jour, l’équipage a notamment réussi à pleinement exploiter les qualités du Maraudeur, bateau réputé performant dans le petit temps.

Au-delà du résultat sportif et cette belle 6e place finale, cette aventure bretonne illustre surtout une belle histoire de transmission familiale. Père et fils partagent la même passion pour la voile légère et la régate, avec une complicité évidente dans leur manière de naviguer ensemble.

 

Leur engagement dépasse d’ailleurs largement le cadre de cette seule compétition. Tous deux sont très investis au sein du club de l’ANCRE à La Chapelle-sur-Erdre. Jacques en est le président, tandis que Kenaël occupe le poste de secrétaire sportif. Une implication qui témoigne de leur volonté de faire vivre la classe Maraudeur et la pratique de la voile sportive.

 

Et le calendrier reste chargé pour l’équipage de « K-d’eau ». À peine revenus de Crozon, les deux navigateurs vont enchaîner avec un rendez-vous important : le National Maraudeur, organisé dès la semaine prochaine par leur club. « Le bateau a eu un bon échauffement ce week-end à Crozon », glisse Jacques avec le sourire.