Il n’a que 19 ans, mais déjà un solide parcours sur l’eau. Étudiant en STAPS à l’Université Savoie Mont Blanc, Pierric Jaillet a grandi dans un environnement où la voile est une histoire de famille. Dès 6 ou 7 ans, il découvre la discipline en Optimist, influencé par son père et entraîné par l’exemple de son grand frère. « Avant, je faisais du judo. Mais quand mon frère s’est mis à la voile, j’ai suivi », raconte-t-il. Aujourd’hui, malgré les études, impossible de se passer de ce lien avec la voile, un moyen de continuer à partager des bons moments en famille.
L’appel de l’Habitable et “Vas-y Pinky”
Le véritable tournant intervient lorsque son père achète « Vas-y Pinky », un Micro Jumper 550 Prima/Super. Pierric n’a alors qu’une dizaine d’années. « Au début, j’étais juste là pour découvrir. Puis après quelques temps, j’ai commencé à tirer les bouts, puis même à prendre la barre au portant, puis sur certaines régates. » Depuis 2 ou 3 ans, les navigations deviennent régulières, efficaces, complémentaires : le père à la barre, Pierric à l’équipage. « Je suis le plus lourd et le plus agile, donc ça marche bien comme ça », sourit-il.
Bateau familial dans tous les sens du terme, « Vas-y Pinky » tire son nom des initiales des parents et des enfants : Valérie, Sylvain, Pierric et Killian. « C’est un bateau plus complexe qu’il n’y parait… C’est un habitable mais il reste instable et on est vite en sous-poids. Au-delà de 15-16 nœuds, on est sur la tranche, au rappel complet ! »
Naviguer en famille, parfois choisi, parfois « pour faire plaisir », est devenu un ciment entre les Jaillet. « C’est un truc qui nous a rapprochés. Je continuerai, c’est sûr. Peut-être moins avec la vie active, mais je veux garder ce lien. »
Le CNV Aix-les-Bains, une seconde maison
Il faut dire que la famille Jaillet vit la voile pleinement. Son père, dirigeant au CNV Aix-les-Bains, porte l’ambition collective du club et motive toutes les bonnes volontés. « Son objectif, c’est que le CNVA finisse premier en dériveur et en Habitable au Championnat de France des Clubs. Il pousse tout le monde à faire un maximum de régates. J’ai même dû encourager des amis à naviguer pour rapporter quelques points ! »
Pour Pierric, le CNVA est un endroit à part : « Il y a des grands écarts d’âge entre les adhérents, mais on ne les sent pas. On forme un vrai groupe. Et travailler l’été comme moniteur là-bas, c’est top. »
Un podium au Championnat de France de Croiseurs Légers 2025
2025 marque une première grande performance : un podium au CFCL à Saint-Raphaël. Les conditions méditerranéennes tranchaient pourtant avec celles du lac du Bourget. « Le premier jour, nos résultats n’étaient pas fous. On s'est dit : « Si ça se trouve, on n'a pas le niveau. »
Une bonne nuit plus tard, l’équipage se ressaisit. « On s’est repris et on est allé chercher le podium ! » Une récompense pour cette équipe familiale qui depuis 3 saisons truste les podiums sur l’immense majorité des compétitions sur lesquelles il s’inscrit.
L’aventure du Mondial Platu en Italie
Autre moment fort de cette année 2025 : un podium au Championnat du Monde Platu (ex Bénéteau 25) à l’automne. L’histoire commence presque par hasard. Christophe Chaffardon, président du CNVA, vient le voir pendant qu’il travaille comme moniteur : « Il m’a demandé mon poids, et si j’avais une semaine libre pour partir en Italie. »
Le père valide : plus de points pour le club ! Pierric fonce. Il découvre alors un bateau exigeant, rapide, très technique. « J’ai un peu découvert le bateau en même temps que la régate. Chaque jour, on faisait de meilleures courses. » Si le plaisir fut immense, subsiste un regret : « C’est une classe qui meurt doucement. Sur place tout le monde se demandait comment faire pour la relancer. Les J/70 prennent le dessus et plus personne n’achète de Platu. Pourtant, ça pourrait être génial en match-racing ou en flotte partagée. »
Lire le plan d’eau : la philosophie OSIRIS
Naviguer en OSIRIS, Pierric en connaît les subtilités. Plus qu’une confrontation directe, c’est une bataille contre le chronomètre. « On ne court pas contre les autres. Si on les suit, on finit dans les dévents. On fait notre propre route. On lit le plan d’eau, on cherche les pressions, on construit notre course. » Une approche rigoureuse, analytique, qui lui correspond parfaitement.
Et maintenant ?
La saison 2026 sera particulière, entre une L3 STAPS qui lui demander plus de temps et l’envie de rester dans le circuit. « Je serai moins sur les petites régates. Mais pour une grosse régate — Championnat de France, Mondial — je pourrai y aller. » Son père, lui, prévoit de régater en peu plus en Star. Une chose est sûre : Pierric continuera d’écrire son histoire sur l’eau, avec détermination, curiosité… et un attachement indéfectible au CNV Aix-les-Bains.